Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

mercredi 10 avril 2013

La saison 2013 est lancée ! sencha de Mariko, cultivar Sugiyama Yaeho

Un mois de mars très doux, pas de retour du givre, des pluies justes suffisantes, ont été le ferment d'une saison 2013 de très bonne qualité, avec en plus l'arrivée des shincha, thés nouveaux, en avance de 5 à 7 jours par rapport à l'an dernier.

Comme toujours, ce furent les cultivars hâtifs de Tanegashima, île au large de Kagoshima, qui ont ouvert le bal la dernière semaine de mars. J'avais mis en vente très tôt l'an dernier le cultivar Shôju de Tanegashima.

Mais cette année, je passe sur Tanegashima, et propose depuis quelques jours un shincha très très hâtif de Shizuoka ! Cueillette manuelle le 1er avril, ce sencha est issu du cultivar Sugiyama Yaeho, qui pousse à Mariko, dans l'arrondissement de Suruga de la ville de Shizuoka.

Ce Sugiyama Yaeho (à ne pas confondre avec Yaeho) est un cultivar extrèmement rare, très hâtif, de loin le plus hâtif que l'on trouve à Shizuoka.
Son nom fait référence à son créateur, Sugiyama Hikosaburô, le pionnier du développement des cultivars de théiers au Japon, plus célèbre pour la création au début du 20ème siècle du plus utilisé des cultivars du Japon : Yabukita.


Comment aborder ce thé, dont le parfum est un déluge de verdeur, à l'étuvage  traditionnel et avec une torréfaction minimaliste pour conserver les vertes saveurs de ce primeur ?

J'ai d'abord testé avec une eau à 70-75°C environ, pour "profiter du parfum de shincha", et un peu plus d'une minute d'infusion (4g/70ml). On conseil souvent d'infuser les thés nouveaux avec de l'eau un peu chaude, mais vu la finesse du travail de ce thé, je ne suis pas trop monté non plus. Le résultat fut très agréable, parfum et aftertaste. Mais la liqueur en elle même est ainsi trop légère (pour moi), si bien que je préfère opter pour refroidir un tout petit peu plus et monté à 90s grosses secondes d'infusion.

Tout en restant aérienne, la liqueur est plus affirmée et riche. Une subtile douceur côtoie des arômes végétaux et floraux, un brin astringents, qui coulent avec velouté dans la gorge.
La baisse de la température ne fait en rien perdre du parfum de ce sencha qui reste un enchantement de verdeur dans le nez et dans la gorge. Un petit peu de fleur, un zeste de vanille, mais surtout de la feuille de thé pure !
Cette fraîcheur est un modèle du genre, le shincha par excellence, une mise en jambe parfaite pour l'ouverte d'une nouvelle année de thé japonais.

Je pense que les photos parlent d'elles même quant à la qualité du façonnage de ce sencha.S'il ne possède pas de spécificités gustatives hors normes, ce n'est pas seulement une curiosité, ce thé de Shizuoka qui arrive avant même ceux de Kagoshima (par ailleurs ce j'ai pu goutter des fukamushi des plaines de Kagoshima jusqu'à présent n'était pas tellement convainquant),  c'est un sencha d'une grande qualité.
Malgré la retenu dont fait preuve en bouche cette liqueur, ce Sugiyama Yaeho tient sans difficulté 4 infusions, avec une très bonne longueur. Ce sencha laisse en bouche un arrière goût sucré, de l'umami naturel, surprenant en comparaison du goût très équilibré de la liqueur.

Je m'en suis très particulièrement rendu compte durant la saison précédente, mais une bonne conservation d'un thé vert japonais, sous vide par exemple, permet la conservation pendant très longtemps de sa fraîcheur typique. Pourtant cela ne veut pas dire que les saveurs n'évoluent pas. Bouche comme nez s'affirment, prennent confiance, deviennent plus fort. Ainsi, ce même Sugiyama Yaeho sera probablement bien moins léger dans 6 mois, et je me dis qu'alors une minute d'infusion suffira probablement.

Des feuilles très fines et délicieuses !

J'ai hâte de voir (goûter) ce que la suite des évènement va nous proposer !

8 commentaires:

  1. Merci Florent, bel article qui donne envie même aux amateurs de wulong comme ma pomme.

    Voilà le contre-exemple parfait de ce que je disais dans mon dernier article; ici on mesure tout l'intérêt d'une date de récolte quand les explications sont fournies avec la date et nous expliquent aussi bien le contexte.

    Un bel exemple venu du Japon ;)
    En attendant la suite.

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Fabien, merci pour ce commentaire.
    On a tendance à considérer les récoltes hâtives comme étant de plus grande qualité, avec des pousses et feuilles très fines et jeunes.
    Mais d'une part cela n'est pas toujours évident. Certes, une récolte plus hâtive donnera un thé moins astringent, plus doux donc, mais aussi moins riche et parfumé (même s'il ne faut faire de généralité).
    D'autre part il ne faut pas confondre récolte hâtive et cultivar hâtif.
    Il y a au Japon depuis des années une sorte de course au shincha, qui favorise bien les cultivars hâtifs.
    La présence de cultivars super hâtifs comme ici Sugiyama Yaeho à Shizuoka, mais qui est en fait un cas très isolé, ou surtout Shôju, Kuritawase, etc à Tanegashima est une chose intéressante qui stimule le marché mais qui parfois donne des thés cher sans que la qualité suive derrière. Donc méfiance.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour,
    Je me permets de poster un message ici, en espérant être au bon endroit. Je suis un néophyte en thé japonais (et même en thé tout court) et cherche quelqu'un vers qui me tourner afin d'éclaircir quelques points sur le sujet. Je suis tombé à plusieurs reprises sur ce blog (très instructif) et ai parcouru à plusieurs reprises les pages du site thé du Japon. Cependant persistent certaines interrogations telles que : peut-on utiliser une même théière (en terre cuite) pour des gyokuros et senchas, voir d'autres thés verts? M'ayant coûté une petite somme je ne souhaite pas perdre ses "facultés".Ou bien aillant pris la (mauvaise?) habitude d'avoir des infos sur les apports (en vitamines par exemple) je suis un peu perdu lorsqu'elles ne figurent pas sur certains sites spécialisés dans le thé japonais. C'est pour moi une informations importantes (et qui ne devrait peut être pas l'être?) en plus des saveurs qu'apporte un thé.
    Je suis réellement désolé par avance si je ne me trouve dans la mauvaise section ou si mes questions sont malvenues sur cette page et a contrario vous remercie grandement.

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour Isaac,
    Vos questions sont les bienvenues.
    Dans le cas de théières japonaises, il n'y a aucun problème à utiliser une même théière pour différents types de thés. Nettoyer toujours bien votre théière a l'eau bouillante.
    De mon point de vu purement personnel, les questions d'apport en vitamines ou autre ne devrait pas être d'une grande importance. Néanmoins, que l'on parle de sencha, gyokuro, ou autre thé vert, je ne pense pas qu'il y ai de différence significative dans la quantité de vitamine C ou autre qui se trouve dans les feuilles. En revanche, il est très probable qu'il reste peu de ces éléments dans le Hoji Cha, thé vert grillé, dont la très forte torréfaction doit probablement abîmer les vitamines

    RépondreSupprimer
  5. Gyokuro et matcha sont plus riches en caféine et en acides aminés. Les thés de basse qualité contiendront plus de tanins (polyphenols, catéchines)

    RépondreSupprimer
  6. Merci beaucoup pour toutes ces informations.
    Pour les théières, il me semblait que toutes les théières en terre cuite présentaient des "facultés de mémorisation"... Je sais que celles dites théières Yixing sont réputées pour cela mais j'ai pu lire que celles, japonaises, en terre cuite, de Tokoname par exemple (dont l'intérieur est relativement poreux), avaient également cette propriété. C'est donc une information non valide?
    Si oui je peux donc utiliser n'importe quel type de thés (parmi les "sept" : vert, fumé, jaune, noir...) ?
    Encore une fois merci!

    RépondreSupprimer
  7. Bien que chacune théière soit différente, d'une manière générale, les théière Tokoname comme celle de Banko, sont très peu poreuse. L'important c'est plutôt le bon entretien de l'objet. Ne pas laisser trop longtemps les feuilles dedans après utilisation, rinçage à l'eau très chaude, attendre que l'intérieur de la théière soit bien sec avant de remettre le couvercle et de la ranger.

    RépondreSupprimer
  8. Merci bien pour ces précieux conseils.

    RépondreSupprimer