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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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dimanche 25 août 2013

Trois sencha bio de Shimizu par Yamamoto Kengo



Trois thés en provenance des pentes de Shimizu dans la campagne de la ville de Shizuoka, produits par Yamamoto Kengo. Il s'agit de trois sencha bio, de trois cultivars différents : le classique Yabukita, le parfumé Kanaya-midori, et le très fin Oku-Yutaka.

Même terroir, même type d'étuvage et de malaxage qui respect la forme des feuilles, même producteur, mais cultivars différents. Cela permet de se rendre compte de manière assez objective de la différence importante de saveurs que peuvent apporter au thé ces fameuses variétés de théiers.

Tous les trois demandent à prendre son temps, apprécient l'aisance, pour l'infusion, et pour la dégustation, cela va de soi.
Si l'on aime un thé avec de la puissance, il ne faut pas hésiter à mettre 5 cinq grammes. Pas besoin de trop refroidir l'eau, un 70°C très classique est très bien. Une bonne minute aussi. 
Même, 80°C, pour une minute peut être très appréciable avec ces sencha bio.
Dans le thé japonais, le bio peut faire peur, mais ces thés sont fabriqués avec talent, et même avec ces paramètres un peu chargés, pas d'astringence, rien de tannique ou de râpeux en bouche.

Oku-Yutaka est ici en parfait accord avec sa réputation. Des trois thés c'est celui qui montre le plus de finesse dans les arômes et le parfum, et le plus de légèreté en bouche.
Le parfum des feuilles et de la liqueur est fin et raffiné, quelque chose que j'identifie comme de l'amande sans être certain que ce soit vraiment cela. Velouté et légèrement sucré, ces senteurs évoquent de petites fleurs délicates. La différence est vraiment flagrante en comparaison des deux autres (cultivars) sencha. 

En bouche la liqueur est légère, elle passe comme d'un rien en gorge pour laisser derrière elle dans la bouche, les fosses nasales et la gorge des saveurs sucrées étonnement persistante en comparaison avec la délicatesse du goût de la liqueur elle même.

Yabukita et Kanaya-midori s'expriment avec plus de force et de frontalité.

Kanaya-midori dévoile un parfum crémeux et beurré, très sucré aussi. Après l'infusion, plonger le nez dans la théière est un vrai plaisir : Aux arômes lactés de ce cultivar s'ajoutent des senteurs mentholées incroyables !

La liqueur elle même est crémeuse, velouté dans le sens ou la gamme de saveurs qu'elle offre à de l'épaisseur, et aussi un aftertaste formidable , beaucoup de longueur.
Très douce, cette liqueur reste vivifiante, avec une sorte de rusticité qui me semble propre aux bon thés de montagne bio ou produit avec très peu de produits chimiques. Même si cette force semble plus ténu chez le délicat Oku-Yutaka, on la retrouve aussi chez Yabukita.

Ce dernier offre quant à lui des senteurs très riches, vertes, légèrement tourbes, avec des notes de noisettes grillées, probablement mises en relief par le hi-ire.

En bouche, ce sencha est puissant, sucré, très équilibré, un quelque chose de minéral, et lui aussi très long. Dire que c'est aussi le plus classique fait un peu tarte à la crème dans la mesure où le cultivar est le poids lourd Yabukita. Pourtant c'est bien naturellement que ce sencha marque moins par sa personnalité que les deux autres, mais il n'en reste pas moins terriblement efficace.

Ce Yabukita semble s'exprimer principalement par le goût, dans la bouche, sur la langue, les joues. Particularité des cultivars peut être, ils n'expriment pas tous leurs caractéristiques de la même manière.
Kanaya-midori me semble se manifester d'une façon plus globale, si les senteurs sont très présentes au nez, il offre beaucoup vie en bouche également. En revanche avec Oku-Yutaka, on a un thé qui semble se montrer surtout par ses parfums, dans la nez, mais aussi dans la gorge.

Un point commun intéressant, rare me semble t il, c'est que ces trois sencha de Shimizu semblent se dévoile beaucoup a la seconde infusion, avec un gain très important en puissance.

Si ces trois sencha de Shimizu ont des ressembles si on les regarde dans les très grandes lignes, il est presque plus facile de comprendre leurs différences. Même terroir et même producteur, c'est trois cultivars offrent suffisamment de différence pour comprendre toute la profondeur et l'intérêt de ces variétés de théiers.