Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

vendredi 22 août 2014

Okayama 2, set Bizen-Sue par Yoshimoto Atsuo

J'ai présenté dans mon dernier article le département de Okayama, son héros folkloroqie Momotarô, un kabuse cha, et de nouvelles oeuvres Bizen-yaki signés Nobuhara Katsushi.

Maintenant, je vais présenter rapidement le travail de Yoshimoto Atsuo.
Il s'agit aussi d'un potier traditionnel Bizen-yaki. Né en 1969, il étudie d'abord l'architecture avant d'étudier la poterie à L’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris de 1995 à 1997.
Puis de retour au Japon, il étudie sous la direction de son père, potier Bizen-yaki.

Alors que la poterie existe au Japon depuis la période de Jômon (les plus anciennes remonteraient à 17000 ans avant notre ère), c'est au 5ème siècle qu'arrive de Corée un nouveau type de poterie, très dure et grise, cuite en réduction, que l'on appelle "sueki". Elle est l'ancêtre de la poterie japonaise, notamment de Bizen-yaki. Les toutes première poteries de style Bizen, à la fin de l'époque de Heian (fin du 12ème siècle) sont dans la continuité direct des sueki, et c'est au 13ème siècle que l'on abandonne la cuisson en réduction pour la cuisson en oxydation, les poteries prennent alors leur teinte rouge-brune typique.

Une partie du travail de M. Yoshimoto s'inspire des poteries sueki et Bizen antiques. Il travaille en réduction, obtenant une terre cuite grise en four à gaz aussi bien qu'en four anagama, qu'il a construit dans les montagnes reproduisant les méthodes de la fin de l'époque de Heian.
Les œuvres que je présente aujourd'hui proviennent d'une cuisson en four à gaz.
Il s'agit d'un hohin, un yuzamashi et d'une tasse au motifs "kuro-hidasuki". La technique hidasuki fait apparaître des motifs rouges obtenus par la combustion de paille enroulée autour des objets durant la cuisson en oxydation (voir œuvres de Nobuhara-san dans l'article précédent).  Mais adaptée à une cuisson en réduction, cette même technique laisse apparaître des motifs noirs.

Hôhin et samashi sont modelés à la main sans tour.

Je vous laisse admirer ces objets:













Par ailleurs je lui ai aussi commandé des œuvres en anagama, qui devraient être prêtes durant l'automne.

mardi 19 août 2014

Okayama : Momotarô, Bizen et... kabuse-cha ?!

Une vieille femme qui lavait son linge dans la rivière y découvrit une grosse pêche (momo en japonais) dans laquelle se trouvait un enfant. Avec son mari, ils adoptèrent l'enfant qu'ils nommèrent Momotarô. Doué d'une force herculéenne il fut chargé par le seigneur local  d'aller terrasser les démons de l'île de Onigashima. En route, il se lie d'amitié avec un chien, un faisant et un singe. Ils revienrent bien sûr victorieux.

Ceci n'a rien à voir avec le thème de ce blog, mais cette histoire du folklore japonais est très connu ici, et trouve son origine à Okayama.
Mais après Momotarô, Okayama est aussi connu pour sa céramique Bizen-yaki, dont les origines remontent au 12ème siècle, dans la continuité direct des poteries sueki, plus anciennes encore.
Le centre de production actuel et historique est le petit village de Inbe.

Je vais présenter ici de nouveaux objets Bizen-yaki disponibles sur Thés du Japon, par Nobuhara Katsushi, déjà présenté ici et , et par Yoshimoto Atsuo.
Mais d'abord je vais parlé de thé, avec un kabuse-cha de Wakashiro (ville de Maniwa) dans le centre du département.
Okayama n'est pas connu comme région productrice de thé, à la limite on entend parfois parler du Mimasaka bancha (grosses feuilles bouillies puis séchées au soleil), mais pas de thé de qualité.
Pourtant, ce kabuse-cha, produit sans pesticides, est très intéressant.

Première chose, si les feuilles, avec leur couleur verte profond, apparaissent clairement comme un kabuse-cha (thé qui fut ombré pendant une dizaine de jours avant la récolte), elles ne présente pas cette odeur gênante (pour moi) de nombre de kabuse-cha. Il y a de la douceur dans cette verdure qui rappelle un peu (mais vraiment un peu seulement) les algues séchées grillée "nori", et en même quelque chose de très personnelle dans ce parfum qui aiguise la curiosité envers ce thé.

Souvent on ne sait pas trop comment préparer les kabuse, intermédiaires entre sencha et gyokuro. Avec ce thé pas de problème, infuser comme un sencha classique, il donne le meilleur de lui même. 70°C, 1 minute. On pourra aussi, baisser un peu la température avec un temps d'infusion un peu plus long pour plus de douceur.

Ce qui frappe encore, c'est que les arômes lourds caractéristiques du kabuse-cha sont légers, pas agressifs, donnant ainsi une liqueur riche et profonde. De la même manière, on ne retrouve pas trop de douceur umami ici. Juste ce qu'il faut en arrière goût.
La liqueur reste bien ronde, mais avec tout de même beaucoup de relief. Des tonalités un peu vertes, mais aussi des notes plus minérales. Un peu d'astringence. Un thé que l'on ressent comme proche de la terre, avec du caractère (alors que beaucoup de kabuse-cha tendent à se ressembler), mais pas d’agressivité.
C'est un thé très appréciable, qui me semble original, mais simple, doué d'une personnalité marquée, mais sans les excentricités bien sûr de cultivars particuliers (il s'agit d'un Yabukita). Tout simplement, un thé qui représente bien son terroir ?

Et quand on parle de terre, on se rappelle de Bizen et Inbe, de ces terres "iyose" provenant des rizières locales, mélangées à des terres prises dans les montagne environnantes. Ensuite, cuisson longue en noborigama, dans lequel la fournaise et les cendres vont former les décors des terres.
J'ai commandé à M. Nobuhara une jarre à thé en bizen. Il s'est inspiré pour la forme des jarres sueki antiques.








Les deux autres oeuvres par Nobuhara-san sont inhabituelles chez lui car ce sont des bizen-yaki de type "hidasuki", donc cuites au four à gaz. La technique hidasuki consiste à cuire les terres avec de la paille enroulée autour, qui forme des motifs rouges feu durant la cuisson.
Il s'agit ici de petits shiboridashi et yuzamashi. de 60ml environ. Le travail est très fin, très différent des rustiques terres cuite en noborigama.






Je vous laisse avec ces ravissants accessoires, et présenterai dans mon prochain article Monsieur Yoshimoto Atsuo et une partie de son travail. A bientôt.