Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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vendredi 22 décembre 2017

Thé noir cultivar Karabeni

Ce thé noir que je présente brievement aujourd'hui provient de Nearai, au nord de la ville de Hamamatsu à Shizuoka. J'ai déjà évoqué Nearai pour son très atypique fukamushi-cha cultivar Inzatsu 131 (thé très typé que j'aime tout particulièrement). Ici, avec ce thé noir récolte d'été, il ne s'agit pas d'un "grand thé" comme on pourrait qualifier mes thés noirs japonais de Ashikita ou Sashima, mais c'est pourtant un thé qui m'a emballé dès la première gorgée. J'ai été tout de suite charmé par son parfum si inhabituel pour un thé noir japonais.
Le cultivar employé est très rare. Il s'agit de Karabeni, dont les caractères sont 唐紅. Le premier désigne les Tang, et par extension la Chine, et le deuxième la couleur rouge ou écarlate, c'est le caractère "kô" dans kôcha, qui désigne le thé noir. En effet, il est issu d'une graine en provenance du Hubei en Chine (comme Yamanami par ailleurs), sélectionné au centre de recherche départemental de Shizuoka dans les années 60. Avec la fin du support gouvernemental du thé noir à la fin des années 60, la production de thé noir au Japon s’arrêtant net, Karabeni n'eu pas le temps de faire ces preuves, ni même d'être enregistré officiellement.

[on voit que la forme des feuilles et des pousses est très inhabituelle pour un théier japonais]

Sans pouvoir citer un exemple précis pour comparaison, les arômes de ce thé noir Karabeni m'évoquent très clairement certains thés noir chinois. C'est très différents de la plupart des thés noirs japonais faits avec les Benifûki, Benihikari, ou même Izumi, dont les racines sont indiennes. C'est encore un exemple qui montre le potentiel et l'importance majeur des cultivars.
Ce thé est très doux, avec peu d'astringence, et ce qui apparaît en premier lieu ce sont pour moi des arômes de vieux bois et de cuir. Ensuite, on ressent quelque chose de plus fruité, évoquant des bais, des fruits rouges ou bleu/violets. L'ensemble me semble très velouté, mais sans lourdeur.
Ce type de saveurs me semblent assez unique pour un thé noir japonais, et aussi absent de l'éventail de saveurs des thés indiens (ou qui s'en inspirent) et même Taiwanais. Nous ne sommes très clairement pas non plus dans le cas d'arômes particuliers obtenus avec des cultivars à thé vert. Ce thé me semble avoir un caractère purement de thé noir.

C'est un thé à un prix très accessible, il serait dommage de ne pas essayer pour peu que l'on ait un peu d'intérêt pour cette catégorie de thé.