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C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

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dimanche 8 décembre 2013

Akiyama-san Inzatsu 131, et suite de mes tests hôji-cha

Cette année encore, le sencha de Fuji, cultvar Inzatsu 131 récolté à la main de produit Akiyama Katsuhide, est présent à l'appel sur TdJ. J'en parle chaque année, mais il s'agit d'un cultivar relativement rare, croisement d'un cultivar japonais inconnu, et d'un cultivar de Assam (Manipuli 5). C'est un cultivar au naturel plutôt astringent possédant un parfum floral très fort et particulier. Que l'on aime ou non, il donne des thés qui ne peuvent passer inaperçus.

C'est aussi un cultivar de théiers difficile à exploiter, en plus de ses feuilles de taille importante, ses tiges sont très épaisses, l'étuvage est délicat, le malaxage l'est plus encore.
Pourtant M. Akiyama apprécie tout particulièrement cette variété.

Qu'est ce que nous raconte ce sencha version 2013 ?

De jolies feuilles, avec ce parfum caractéristique de muguet, mais avec aussi une bonne pointe de sucre !



Pour l'infusion, compte tenu de la puissance de ce thé, il est préférable de ne pas avoir la main lourde (et c'est moi qui dit ça !), 3-4g pour 80ml d'eau à 65°C environ pour la première infusion (cela pourra même être 60, disons qu'il faut bien descendre en dessous des 70°C.
Et puis une minute.

Si je dis souvent que pour les thés à parfums particuliers et complexes les terre en oxydation de Tokoname sont meilleures, pour ce thé, il me semble que les terres Banko-yaki font des merveilles.
Ici, une théière de l'atelier presque légendaire de Shôfû (松風), neuve mais ancienne dans la mesure où cet atelier ne produit plus depuis nombre d'année. Sa forme, la finesse, sa terre, sont exceptionnelles. J'en reparlerai au moment opportun.


Pour en revenir à mon Inzatsu, voilà une liqueur au parfum divin, les senteurs piquantes de ce cultivar s'équilibrent à merveille avec des senteurs florales plus douces, du sucre, du lacté.
En bouche, c'est très fin et aérien, rien de lourdement tannique. Cette liqueur est douce avec une petite pointe stimulante, juste ce qu'il faut.
Bien sûr les saveurs elles même restent toutes particulières.


Ensuite, je monte à 70°C environ, 5-10s. Si une petite astringence apparaît naturellement, elle reste raisonnable, agréable, et en aftertaste, c'est toujours une grande douceur.
Pour la troisième infusion, pas besoin de monter en température, juste laisser plus longtemps. On perd en profondeur, pour obtenir une liqueur plus légère, rafraîchissante, toujours peu astringente, malgré l'apparition en bouche de notes tanniques accompagnant un aftertaste toujours doux.
Pas de raison, au moins pour voire, de ne pas tenter une 4ème infusion, plus chaude. Le tannique typique du Inzatsu (hybride de cultivars Indiens) fait une apparition plus nette même s'il n'y a pas d'astringence vraiment claire. La liqueur reste en douceur et légèreté, s'exprimant discrètement en aftertaste, mais manquant de parfum cette fois.

Ce Inzatsu 131 est une réussite, ce cultivar est formidablement dompté par le producteur, qui sait en tirer le meilleur, tout en gommant les défauts, sans pour autant en effacer la personnalité.

Enfin, fort du résultat assez formidable obtenu par la torréfaction en hôji-cha du sencha cultivar hybride Assam de Mariko, j'ai sorti mon hôroku pour voir ce que cet autre hybride Assam qu'est Inzatsu 131 pouvait bien donner en hôji-cha !


D'abord, la torréfaction me fait ressentir clairement la difficulté du travail de ce cultivar. Alors que les grosses tiges épaisses sont encore bien blanches, les feuilles commencent à trop griller (différence d'épaisseur, de taux d'humidité aussi peut être).
Le résultat, un hôji-cha au parfum de hôji-cha (normal) qui cache quelque chose de floral et sucré, presque du bonbon (comme avec celui de Mariko), mais une liqueur un peu décevante. Elle manque de clarté en bouche, sans être mauvaise, elle ne convainc pas.
Que faut-il en conclure ?
- CE sencha ne convient pas pour faire un hôji-cha ?
- Inzatsu 131 ne convient pas ?
- Ma torréfaction était ratée ?
Je ne sais pas, mais je réessayerai !